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Rallye de Monte Carlo 2004

Le Rallye de Monte Carlo ouvrait comme à son accoutumée la saison WRC. Plus que les autres années, les conditions météorologiques étaient particulièrement extrêmes pour ce 72e Rallye de Monte Carlo. En effet, un épais brouillard s'est invité dans la 2e étape, ajoutant une difficulté supplémentaire aux pilotes qui se débattaient déjà avec une route enneigée, verglacée, humide ou complètement sèche. Inutile de vous rappeler que le choix des pneus est le facteur clé de la victoire. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 43 partants pour seulement 20 arrivants. Quoi qu'il en soit, ce rallye aura été superbe, emmené par une lutte formidable aux avant-postes, dans des lieux extraordinaires tout de blanc vêtus, et aura répondu au mieux à toutes les questions que l'on peut se poser en début de saison.

La course :

Vendredi, 07h48 : ES 1 annulée en raison du nombre trop important de spectateurs sur la spéciale, mal placés et mal garés qui plus est. Le rallye commence mal.

Dans l'ES 2, Grönholm fait forte impression : il signe le scratch au volant de la Peugeot 307 WRC qui fait ici ses débuts en compétition : une performance qui montre l'énorme potentiel de la voiture, développée dans l'ombre de la 206 depuis août 2002. Märtin (Ford), Loeb (Citroën) et Duval (Ford) sont à l'affût, dans les roues du finlandais, prêts à profiter de la moindre erreur qu'il pourrait commettre. Il faudra attendre l'ES 6 pour que cela arrive : un mauvais choix de pneus et Magic-Marcus se retrouve 3e derrière Loeb 1er et Märtin qui le suit. C'est dans cet ordre et regroupés dans 18 secondes que les trois hommes vont se coucher, le soir de la première étape.

Le lendemain, la journée commence aussi mal que l'avait fait la 1ere étape : Vouilloz (Peugeot 206 FFSA) sort de la route et bloque le passage des voitures : la spéciale est neutralisée et un temps forfaitaire est remis à tous les équipages. C'est donc dans l'ES 8 que les pilotes reprennent leurs explications. C'est à ce moment que Loeb décide de faire le trou : dans le brouillard et avec une visibilité inférieure à 50 mètres, l'alsacien, bien aidé par Elena, son copilote monégasque, signe tous les scratches de la journée alors que Galli (Mitsubishi), Hirvonen (Subaru) et Sainz (Citroën) se sont fait piéger par les conditions difficiles et sont sortis de la route. Au soir de la 2e étape, le français possède 1'28''7 sur Duval, 1'41''7 sur Märtin et 1'57''9 sur Grönholm. Le 5e est rétrogradé à plus de 3 minutes.

Autant dire que la course est jouée : avec une telle avance, Loeb peut se permettre d'assurer pour arriver entier dimanche midi à Monaco et y signer son 2e succès consécutif. Il laisse donc ses poursuivants, encore très proches l'un de l'autre, se disputer les places d'honneur : Märtin, Solberg (Subaru) et Grönholm se partageront donc les quatre chronos du dimanche, partagés entre les célèbres spéciales de Lucéram et du Col de Turini. Un col toujours aussi piégeur où Solberg sortit de la route, endommageant suspension et direction et finissant la spéciale au ralentit ce qui permit à Loix (6e et derrière le norvégien) de lui reprendre 1'45 et de revenir à 10 secondes seulement, un écart toutefois trop important pour être comblé dans l'ultime chrono.

Les débuts de la Mitsubishi Lancer WRC :

C'est au Monte Carl' que la toute nouvelle Mitsubishi Lancer, pilotée par Panizzi et Galli, faisait ses débuts. Après la 6e place finale du français, on peut dire que l'année sabbatique qu'a pris la marque nippone pour développer sa voiture n'a pas servi à rien. Ce bon résultat est également un remerciement du français à son nouvel employeur qui lui a offert un volant pour un programme complet, chose qu'il n'osait plus espérer chez Peugeot. Reste à savoir s'il arrivera à signer d'aussi bons résultats sur asphalte qu'il n'en faisait chez la marque au lion.

Classement final :

C'est donc Loeb qui l'emporte devançant le duo Ford Märtin-Duval, le duo Peugeot Grönholm-Loix et Panizzi. C'est donc Ford qui prend la tête du championnat constructeur devant Citroën et Peugeot. Mitsubishi est 4e et Subaru 5e.

Les juniors :

A l'image de Tirabassi l'an passé, Bernardi remporte la catégorie " juniors " de ce rallye sur une Renault Clio préparée par Oreca. Il devance Aava (Suzuki Ignis) et Meeke (Opel Corsa) respectivement à 04'08'' et 07'34'', une avance significative de la démonstration du français. Ne reste plus qu'à concrétiser durant le reste de la saison pour devenir, comme Tirabassi, champion du monde en fin de saison et ensuite se retrouver sans volant pour la saison suivante… Quel gâchis !