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Rallye de Monte Carlo 2005

Encore une fois, la saison WRC s'est ouverte sur le Rallye de Monte Carlo. Cette épreuve mythique est la traditionnelle manche d'ouverture d'un championnat chaque année plus disputé, plus beau et plus médiatisé. Plus ancien rallye du calendrier, le Monte Carl' fêtait sa 73e édition pour cette édition 2005 et présentait un bien maigre plateau comparé à ce que l'on avait vu quelques années auparavant (rappelons les 404 partant de 1953), mais un plateau de qualité comme l'a bien souligné notre ami Christian Cazalet illustrateur de RallyesMag, dans le numéro de janvier. Ainsi, 34 équipages prenaient le départ pour un programme de 15 spéciales confiné dans le 06 puisque la FIA demandait la tenue d'un parc d'assistance unique obligeant par là même l'ACM d'annuler les spéciales du vendredi initialement prévues dans le 04 et le 05.

D'entrée, Sébastien Loeb, détenteur des 2 dernières éditions, annonce la couleur : cette année encore on va voir du rouge devant. Les Citroën sont en pleine forme. Aux côtés du français, François Duval a remplacé Carlos Sainz parti à la retraite et laissant derrière lui un fabuleux palmarès riche de 26 victoire et quelques 95 podiums en WRC ! Le belge est époustouflant de par sa régularité et ses performances, il finit 2e de chacune des quatre spéciales du vendredi et se retrouve à 22'5 de son coéquipier en fin de journée. Loeb a survolé la concurrence lors de cette première étape, il signe 3 scratch et s'impose en leader incontestable après notamment un gros écart créé dans la troisième spéciale du jour. Seul Grönholm réussit à lui prendre un scratch mais la comparaison est dure entre l'alsacien et les autres pilotes. C'est simple : il y a Loeb et les autres. A noter un fait d'une rareté inouïe au Monte Carl': pas un seul abandon en cette fin de première étape, les 34 partants sont au départ le samedi matin pour une journée très chargée . Faits marquants du jour, les problèmes de frein des Subaru sont handicapantes pour Solberg et Sarrazin qui se voient repoussés aux 4e et 9e places alors que les bonnes surprises vienent de Auriol 7e sur une 206 de Bozian, Gardemeister 4e au volant de la Focus officielle n°3 et Panizzi qui arrive à rentrer sa Mitsubishi Lancer dans les points (8e).

Au programme de cette deuxième étape, 5 spéciales dont les impressionnantes clues d'Aiglun. Une fois n'est pas coutume, c'est encore Loeb qui signe le premier scratch du jour. Puis le temps se gatte et les conditions météorologiques s'initient dans la course perturbant sensiblement la donne. L'ES6 est fatale pour nombre de pilotes : alors que Bengué et sa Fabia signent un encourageant meilleur temps, Duval parti 14e sort de la route et sectionne un poteau électrique. La spéciale est neutralisée puisque derrière lui plus aucun équipage ne pourra passer à commencer par Loeb qui se voit attribué le même temps que le pilote Skoda. Pour Duval , le rallye est fini et ce sont de très prometteurs espoirs qui partent en fumée. Mais le rallye continue et dans le chrono suivant Loeb reprend les choses en main, lui et Gardemeister - impressionnant troisième juste derrière Loeb et Grönholm - font le scratch ex æquo. Cette ES7 sera significative d'abandon pour le toujours aussi spectaculaire pilote allemand de chez Skoda : Schwarz sort de la route, fait un tonneau et se plaint de douleurs à l'épaules. Lui et Prévot (copilote de Duval) font un petit tour à l'hôpital. Dans l'ES8, Panizzi épate tout le monde, il signe le scratch et remonte à la 5e place du général alors que Auriol a dû abandonner. Après que Loeb se soit imposé dans la dernière spéciale du jour, retardée d'une heure et courue de nuit, le classement est complètement chamboulé : le pilote Citroën est 1'54 devant Grönholm suivis de Garedemeister, Solberg, Panizzi, Märtin, Rövanpera et Stöhl. On a donc la Xsara en tête, les deux Mitsubishi dans les points et une belle performance de l'Autrichien Manfred Stöhl au volant d'une superbe Xsara Kronos aux couleurs d'OMV.

Le dimanche ne sera pas moins riche en rebondissements, bien au contraire. Solberg signe deux scratches, Loeb également et Grönholm et Kresta en signent un chacun, mais l'important n'est pas là. C'est sur le premier passage du Turini (ES12) que tout se joue : 500m après le col, Grönholm (2e) et Solberg (3e après ses deux meilleurs temps consécutifs en début de journée) glissent sur la même plaque de neige et vont droit dans le mur situé à l'extérieur du virage. Tous deux perdent une roue, le premier repart et finit la spéciale sur trois roues pour finalement terminer 5e du rallye, et le deuxième abandonne [voir rubrique Moments forts pour une analyse plus poussée de cet incident]. Loeb quant à lui ne se fait pas piéger et se dirige tout droit vers une troisième victoire consécutive sur le rocher. Auteur du premier scratch du rallye, il réitère à la fin et finit en tête 2'58''3 devant Gardemeister et 3'40''1 devant Panizzi, leader du rallye du début à la fin et auteur de 7 scratches ! Du côté des juniors, Kris Meeke (Citroën C2) s'impose devant Katajamaki et Scorcioni (tous deux sur Suzuki Ignis). On retiendra de ce rallye que chaque team officiel amène au moins une voiture à l'arrivée et les inattendues prestations de Gardemeister, Panizzi et Stöhl (6e). Enfin, je tiens à rappeler la mort d'un jeune de 21 ans tombé d'un arbre le samedi.