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Le Turini

Désormais légende du Rallye de Monte Carlo, la spéciale du Turini - longue d'environ 32km - relie Sospel à La Bollène en passant par le col le plus célèbre du mondial, le Col de Turini.

Selon les années, la spéciale se court dans le sens Sospel - La Bollène ou dans son contraire mais les difficultés restent les mêmes. Prenons-la ici dans son sens le plus courant.

Le départ se fait sur la D2566, après Sospel, un peu avant l'entrée dans les Gorges du Piaon. Pour se chauffer, les pilotes démarrent sur une portion plutôt rectiligne avant d'attaquer cette partie escarpée, les premiers lacets et, après seulement 3 km de course, un enchaînement technique de virages sinueux au-dessus du vide. Puis on arrive à un premier endroit clé de ce chrono : Notre-Dame de la Ménour, une chapelle perchée sur un piton rocheux précédée de 2 séries de 2 lacets très ressérés. Après cela, c'est une portion de 2,5 km ultra rapide qui rejoint Moulinet, ancien point de départ, lignes droites où les équipages poussent leurs machines à plus de 180 km/h avant de négocier les 3 épingles bordées de foule qui traversent le village.La spéciale entre alors dans la forêt où s'enfilent portions ombragées et ensoleillées, parties larges puis très étroites et nombreux changements de revêtement.Mais ici c'est surtout la diversité des surfaces (alternance de verglas, de plaques de glace, de sec et même de neige un peu plus haut) qui rend la conduite difficile plutôt que les virages eux-mêmes. Seuls un premier tunnel, deux séries de deux lacets et quelquespifpaf rompent ce début d'ascension. A 1170 m d'altitude, on quitte la Vallée de la Bévéra pour entrer dans le Vallon du Turini et entamer la seconde partie de la montée : une série de 8 épingles à cheveux presque consécutives qui nous emmène directement au col à 1607 m d'altitude. Dans cette forêt d'épicéas apparaissent alors les plaques de neige qui au fil des passages deviennent une espèce de purée rendant la route ultra-glissante et piégeuse. A peine arrivé au col, on plonge de suite dans la descente qui, dès le début, se montre très exigeante. Le passage du col est vraiment un moment particulier, chargé d'émotions et où l'ambiance est à son comble. Elle se fait en deux parties. On commence avec série de virages sans la moindre visibilité où les notes du copilote sont primordiales. Inutile de vous rappeler qu'à cette altitude la neige joue encore un grand rôle. Suivent le premier lacet de la descente, une longue courbe (toujours sans visibilité) sur la droite assez piégeuse et les premiers passages perchés au-dessus de l'oubli. Après deux autres lacets, on arrive au fond d'une première combe - endroit très humide et donc verglacé - que l'on traverse sur un petit pont étroit et très glissant. Un autre enchaînement de deux lacets et après une seconde combe (identique à la première), on arrive sur la série de 4 épingles à cheveux qui caractérise la D70 qu'empruntent les équipages pour cette descente vertigineuse. La route devient alors moins tortueuse pour rejoindre le dernier virage serré de la spéciale puis le second tunnel (en descente celui-là) et le magnifique passage qui surplombe le vide… asthmatiques s'abstenir ! Pour finir les pilotes doivent gérer un kilomètre final très rapide où il est important de rester très attentif et concentré. C'est à La Bollène qu'est jugée l'arrivée. Tout cela en images et en détails sur la carte.

Dans l'histoire de cette spéciale, les pilotes sont toujours passés par le col du Turini mais le tracé n'a pas toujours eu le profil actuel. Ainsi, la spéciale partait de Moulinet certaines années, d'autres fois de Peira Cava ou bien se parcourait dans le sens inverse mais son charme et sa beauté sont toujours restés intactes.

Mais le Turini, c'est aussi et surtout la spéciale qui a donné son nom à la fameuse Nuit du Turini, monument du Monte Carlo malheureusement mort aujourd'hui.

Sur cette spéciale se sont passé nombre d'événements qui ont chamboulé la course, qui ont fait de certains pilotes des héros et qui en ont anéantis d'autres. L'histoire de ces quelques kilomètres est riche de rebondissements, de grands moments comme de mauvais. Revivez tous les faits marquants de cette spéciale dans la page Moments forts.

Et chaque année, des milliers de fans se précipitent au col derrière les barrières, sur le toit des cabanons, sur les balcons des hôtels ou sur les pistes de ski avoisinant la route pour admirer le passage des pointures du rallye ou pour venir encourager un ami qui s'est lancé dans cette splendide aventure. Et cela qu'il neige, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il fasse nuit. Seul défaut : la température.

Vous devez comprendre qu'ici, plus que de signer le scratch, le plus important est de ne pas perdre de temps et de rester sur la route pour continuer la course !

En chiffres :

32 : kilométrage approximatif de la spéciale (Sospel - Col = 20 / Col - La Bollène = 12).

1607 : point le plus haut de la spéciale : le Col de Turini.

1200 : dénivelé positif approximatif (Sospel ~ 400 m d'altitude, Col de Turini : 1607 m).

910 : dénivelé négatif approximatif (Col de Turini : 1607 m, La Bollène ~ 690 m).

34 : nombre d'épingles à cheveux sur cette spéciale.

104 : nombre de spéciales du Monte Carlo qui passèrent au col depuis 1962 (après 2006).

Je dis "approximatif" car les points de départ et d'arrivée changent chaque année.

Records :

Sospel - La Bollène : Petter Solberg / Phil Mills (Subaru Impreza) - 2002 - 89,4 km/h

La Bollène - Sospel : Sébastien Loeb / Daniel Elena (Citroën Xsara) - 2005 - 87,4 km/h

Moulinet - La Bollène : François Delecour / Daniel Grataloup (Ford Sierra) - 1991 - 86,7 km/h