Accueil

Les moments forts de l'histoire du Turini

A chaque fois que des pilotes en font l'ascension, le Turini fait des victimes. Ainsi, depuis qu'il fait partie du parcours du Monte Carlo, il a piégé nombre de pilotes. Revivez sur cette page les grandes lignes de l'histoire de cette spéciale, souvent dévastatrice.

1968 : sortie de route de Larrousse :

Cette année, le Turini est complètement dépourvu de neige et les pilotes ont donc choisi des pneus en foncion de cela. C'est donc monté de pneus racing que Larrousse (Alpine - premier à l'issue de l'épreuve de parcours en commun devant les Porsche d'Elford à 14'' et de Toïvonen à 1'03) se lance dans l'ascension du Turini. Juste avant le passage du col, des spectateurs ont jeté et tassé de la neige à la sortie d'un virage sans visibilité. Larrousse dérape, heurte violemment le rocher et abandonne, roue arrachée.

1973 : crevaison de Andruet :

Dans l'histoire de cette spéciale, on se souvient surtout de l'édition 1973. Cette année, Jean-Claude Andruet, épaulé par sa fidèle coéquipière "Biche", est en tête alors que s'amorce la dernière étape. Son plus farouche rival est Ove Andersson. Dans la première spéciale (col de la Madone), Andersson réalise d'ailleurs une performance remarquable: non content de signer le scratch, il bat le record de l'épreuve de 40 secondes! Dans la deuxème (premier passage dans le Turini) et la troisième spéciale, Andersson grignote peu à peu son retard sur Andruet. Le suspense est à son comble. C'est alors que l'inconcevable se produit dans la quatrième spéciale de l'épreuve complémentaire, le deuxième passage du col du Turini: Jean-Claude est victime d'une crevaison (cf. photo ci-contre). Il pense avoir perdu le rallye et alors qu'il se résigne à l'abandon, "Biche" l'encourage et le pousse à terminer la spéciale avec un pneu arrière gauche à plat. Il perd ainsi 2 minutes 25 secondes ainsi que la tête du classement général. Il est désormais troisième à 1mn05s d'Andersson. Mais dans le chrono suivant (col de la Couillote), Andersson fait une faute, tape dans un mur de neige, crève deux pneus et perd près de quarante secondes, tandis qu'Andruet et Nicolas signent le scratch avec un temps identique. Ove n'a plus que 10 secondes d'avance sur le deuxième: Jean-Pierre Nicolas. Andruet est remonté comme jamais, et réussit à reprendre le commandement dans l'avant-dernière spéciale, le dernier passage dans le Turini, avec respectivement 14 et 21 petites secondes d'avance sur Andersson et Nicolas. Finalement, après les 18 km de l'épreuve du col de la Madone : Andersson met toutes ses forces dans la bataille et réédite à la seconde près son chrono époustouflant de 15mn23s réalisé lors du premier passage mais en même temps Andruet réalise 15mn11s. "Biche" affirmera plus tard que Jean-Claude a conduit dans cette spéciale comme jamais, et que Ove n'en est jamais revenu. La performance d'Andruet est splendide, et il remporte sans aucun doute ainsi sa plus belle victoire. La spéciale du Turini restera donc à jamais la spéciale qui aura marqué le premier rallye de l'histoire du Championnat du Monde.

Rédigé avec la participation de Philippe Callais.

1979 : le scandale :

Mais ce qui restera aussi dans l'histoire de ce chrono, c'est le scandale de 1979 : alors que Waldegård mène le bal avant la dernière nuit du rallye repoussant Darniche à plus de 6 minutes, il est victime de la stupidité de certains spectateurs malintentionnés qui placent deux énormes pierres sur la route pour le bloquer lui faisant ainsi perdre plus de 30 sec tandis que le pilote français et sa Stratos équipée des tout nouveaux pneus Michelin PB18 à gamme extra-tendre signent un temps époustouflant. Le suédois perdra par la même occasion le rallye pour 6 petites secondes. Mais heureusement pour ce sport, il remportera le titre de champion du monde en fin d'année devenant le premier champion du monde des rallyes.

1991 : La désillusion de Delecour :

François Delecour est en tête du rallye quand il aborde l'ascenssion du Turini, et ce alors que c'est son premier rallye au volant d'une voiture officielle du Championnat du Monde, la Ford Sierra Cosworth 4x4 en l'occurence. Mais cette spéciale a décidément décidé d'être la bête noire des pilotes de rallye et la voiture du français lache (rupture de la fusée arrière gauche). Du coup, l'équipage se voit repoussé à la 3e place du classement final derrière Sainz vainqueur et Biasion 2e.

Nous avions jusque-là assisté à un mano à mano entre le jeune François et Carlos Sainz, ce dernier qui notait d'ailleurs que jamais il n'avait vu quelqu'un aller aussi vite sur les routes piégeuses de l'arrière-pays niçois alors que le premier rappelait que l'espagnol était champion du monde en titre et qu'il allait très très vite. L'arrivée du dernier passage sur le Turini (il y en a trois cette année-là) est très attendue et la foule est nombreuse. Lorsque, attelés à la table de pointage, Bruno Saby et Daniel Grataloup apprennent que l'équipage Delecour/Pauwels arrivait au ralenti, c'est la tristesse pour tous les fans de ce jeune pilote prometteur. Lorsque la Ford arrive enfin, François sort en pleurant et ne cesse de répéter "je n'ai pas tapé, j'ai perdu une roue" (la fusée avait en effet cassée peu avant l'arrivée au col et une faiblesse de la pièce a été détectée par les experts de Ford après le rallye). Le premier à venir lui glisser quelques mots de réconfort est Bruno Saby : "c'est pas grave François tu en gagneras d'autres."

Tout le monde retiendra la tristesse de cette équipage attachant et Delecour prendra sa revanche sur le sort en remportant cette épreuve en 1994 au volant d'une Ford Escort Cosworth.

1993 : l'affaire Toyota :

Francois Delecour (Ford Escort RS Cosworth) et Didier Auriol (Toyota Celica Turbo 4WD) se tirent la bourre ensemble sur les spéciales de la manche monégasque et Francois semble inaccessible.

Avant les dernières spéciales, celles de la "Nuit du Turini", le pilote Ford est devant mais c'est alors que le second revient au contact et met 1 seconde au kilomètre au premier ce qui, au final, lui amène la victoire pour 15 sec.

Après la course, François avouait :

"Là j'estime que c'est la Toyota qui a gagné ! Dans le Turini, j'ai attaqué, dans la Couillole j'ai fait mon maximum, dans le Gagelin je fais quand même 25 secondes plus vite que Miki (Miki Biasion était son coéquipier)... Non ! Non ! La voiture est géniale ! Mais je le répète j'ai gagné le Monte Carl' 93."

Francois Delecour, dans cette interview, voulait faire comprendre que Toyota avait triché et tout le monde sait que deux ans plus tard, Toyota était disqualifié et banni du championnat pour une année pour tricherie (leur système de bride turbo permettait d'accroître la puissance du moteur).

2001 : Colin McRae piégé :

En 2001, alors qu'il menait le rallye, Colin McRae sort de la route et abandonne, laissant ainsi la voie grande ouverte à Mäkinen qui s'empare par la même occasion du 3e de ses 4 succès monégasques.

2003 : Märtin touche, Citroën signe le triplé :

En 2003, c'est Markko Mârtin qui fut victime de cette route : après avoir repris la 3e place à Sainz pour 08''3 dans le chrono précédant (ES 12 : Loda-Lucéram), il fit un tête-à-queue et une petite rencontre avec un mûr de neige. Conséquence : perte de temps et donc fin de tout espoir de décrocher un podium ce qui laisse la voie libre à Citroën pour réaliser un superbe triplé, chose que jusque-là seule la Alpine avait réalisé en 1973 ; et aussi, chose plus appréciable quand on est sur le bord de la route, relookage de l'avant de sa Focus.

Cette même année, Teuronen et sa Suzuki Ignis Super 1600 abandonnèrent après avoir tapé un rocher à l'avant-droit de la voiture dans les premiers kilomètres ce qui pouvait se remarquer par un pare-chocs complètement détruit et une roue excentrée. Je suis placé à mi-descente, les voitures défilent l'une après l'autre puis un gros trou... Qu'est-ce? un abandon?...patience, pas tout de suite... puis on entend en effet la voiture arriver mais avec un bruit très bizarre, par acoups, le pilote a beaucoup de mal à négocier les virages et tout autant de difficultés à rester bien placé dans les lignes droites. Il arrive devant nous, il faut peu de temps pour s'apercevoir du soucis. La voiture va de plus en plus lentement. Le calvère ne durera plus logtemps, quelques centaines de mètres plus loin on l'entend s'arrêter, abandon.

2004 : Solberg victime du Turini :

En 2004, ce sont Petter Solberg (Subaru Impreza) et Anthony Warmbold (Ford Focus) qui se font piéger. Ce dernier sort dans le premier passage (ES12), à la fin de la montée, dans la série de lacets finale où il quitte la route et se retrouve dans un arbre, abandon immédiat. Lors de l'ES14, Anthony Warmbold, auteur jusque-là d'une bonne course (8e à l'issue de l'ES13) se fait piéger par cette terrible route, sort de la route et se voit forcé d'abandonner. Dans le même temps, Solberg, 5e avant le départ, quitte momentanément la route mais les conséquences seront moins sévères et le norvégien pourra repartir au ralenti pour finalement arriver à La Bollène 3'58''2 derrière le meilleur performeur, Märtin et sa Focus qui parcoururent le tracé en 24'03''9 à une moyenne de 81,2 km/h, un très bon temps au vu des conditions à comparer au sec de l'édition 2002, année du record de cette spéciale (Solberg en 22'02''2 à 89,4 km/h de moyenne). Le pilote Subaru prendra part à l'ES15 avec ce même problème, perdra encore 3'24''7 sur le scratch et rejoindra l'arrivée après avoir rétrogradé de deux places en 52,1 km !

2005 : Public ou pilotes, à qui la faute ?

Le Turini 2005 a été particulièrement mouvementé et a beaucoup fait parler de lui. La raison : les sorties de Grönholm, Solberg et Cecchettini lors de l'ES12, au même endroit, 500m après le col, dans un des premiers virages de la descente. Tous trois ont glissé sur une plaque de neige qui selon certains dires aurait été déposée par des spectateurs après le passage des ouvreurs. Mais cette responsabilité doit toutefois être nuancée. En effet, plusieurs éléments peuvent montrer la culpabilité des pilotes dans ces incidents. Mills par exemple, le copilote de Solberg, avait pour note à cet endroit : "extra slippy ice !" et malgré cela Solberg, comme le montrent les images télévisés, est arrivé très vite à cet endroit. De plus, le norvégien est sorti de sa trajectoire en tapant le mur à l'intérieur du virage. Résultat, il fonce tout droit dans le mur et perd une roue. Le staff technique lui demandent d'immobiliser son Impreza pour ne pas plus l'abîmer. Sur son site, il annonçait : "I just made a mistake" (j'ai juste fait une faute). Quant à Grönholm, la situation est un peu plus ambiguë, il n'a pas touché ce même mur et sa sortie n'est dûe qu'à cette plaque de neige, mais lui aussi avoue être arrivé trop vite à ce endroit. Enfin, il faut noter que l'année 2005 a été particulièrement sèche et les pilotes sont tous partis pour cette spéciale avec des pneus racing or le Turini culmine à 1607m et à cette altitude neige et verglas sont fréquents. Ainsi équipés, les pilotes ont beaucoup de mal à contrôler leur voiture sur de tels revêtements ce qui explique facilement comment une simple plaque de neige peut suffire à en mettre plusieurs hors course. Alors faut-il rejeter toute la faute sur les spectateurs ? Il est certain que cette attitude est irresponsable, dangereuse et inconsciente, elle met en danger public et équipages, mais il ne faut pas non plus négliger la part de responsabilité des pilotes. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Loeb a appréhendé ce virage à 30 km/h, il savait que cet endroit était dangereux et ses ouvreurs l'avaient même prévenu de la présence de "spectateurs agités" à ce virage. Quoi qu'il en soit, de cette opération on retiendra l'abandon de Solberg 3e du général jusque-là, et les 5'15'' perdues par Grönholm qui parvint à rejoindre l'arrivée concédant sa 2e place à Gardemeister pour son premier rallye sur la Focus et permettant à Panizzi de monter sur le podium alors que lui rétrogradait à la 5e place du général. Dans le même temps, Kresta signait le scratche de l'ES12. Pour le second passage (ES15), remporté par Loeb, pas de problème particulier à souligner, si ce n'est Boland qui dut utiliser son extincteur en arrivant à Sospel.

2006 : Popov out, drapeau jaune, malentendu au sommet du Turini

Pour sa 74e édition, le Monte Carlo 2006 est passé trois fois sur le Turini : le samedi soir tout d'abord, en clôture de la deuxième étape, avec un départ à 16h38 qui fera que la moitié des concurrents courront de nuit ; puis à deux reprises le dimanche, le deuxième passage étant la dernière spéciale du rallye... une spéciale particulièrement décisive donc ! Le premier passage se courut donc à la tombée de la nuit, alors que le brouillard s'installait au col et que l'humidité grandissait au fil des passages, rendant la spéciale très glissante et piégeuse pour la moitié des équipages, des conditions difficiles dont fut victime Popov au km26 : la Mitsubishi Lancer n°43 partit tout droit dans un virage sur la droite au milieu des vertigineuses Gorges du Piaon pour arrêter sa chute 100m plus bas dans les arbres... à se demander comment les membres de l'équipage ont fait pour sortir indemne, heureusement. Immédiatement, les commissaires de course sortirent le drapeau jaune et les équipages suivants rejoignirent l'arrivée en liaison. Outre les nombreuses et habituelles touchettes et les têtes à queue, cette spéciale fut aussi marquée par la figure de Riccardo Errani au sommet du col qui, devant les spectateurs en masse, fit un "8" sur la route, renversant par là même quelques barrières, ce qui suscita une vague d'euphorie chez tous les spectateurs postés au col. Mais cet évènement provoqua également un quiproquo fâcheux dont fut victime le commissaire de course du col qui sortit juste après avec son drapeau jaune pour prévenir les pilotes de la sortie de route de Popov : les spectateurs crurent qu'il neutralisait la course à cause d'Errani et le prirent pour cible avec leurs sifflements et leurs boules de neige, alors que ce n'était pas le cas... Les deux spéciales du lendemain furent beaucoup moins mouvementés mais les murets de cette route firent tout de même quelques victimes. Lors de l'ES15, les frères Panizzi, sur Skoda Fabia, ont touché un mur après Moulinet et ont abîmé leur roue arrière-gauche. Ils rallient l'arrivée au ralenti et perdent 3'25, passant de la 7e à la 10e place au classement général. Dans la même spéciale, l'équipage n°73 (Dessi/Dessi), après avoir touché et considérablement endommagé sa voiture (courroie cassée, pas d'alternateur ni de pompe à eau), rentra au ralenti, callant dans chaque lacet. L'ES18 fît aussi ses victimes : Henning Solberg, Amourette et Lo Fiego rallient l'arrivée au ralenti.

Le Turini : Spectacle garanti !

Mon expérience sur le Turini n'est pas encore immense que déjà je peux vous raconter de nombreux moments forts que m'a fait vivre cette spéciale.

En 2002, ce sont les pilotes Skoda qui se firent remarquer : tout d'abord Eriksson qui passa devant nous avec une maîtrise déconcertante, il longea le mûr de quelques centimètres (2 ou 3 seulement) durant toute la chicane et c'est là que l'on se rend compte ô combien ils sont forts et professionnels, pour avoir la meilleure trajectoire et perdre le moins de temps possible. Ensuite, ce fut au tour de Gardemeister d'amuser la galerie quand il arriva en face de nous en dérapage intégral soulevant un nuage de gomme au-dessus de la route... c'est après cela que l'on comprend comment de grosses marques de pneu se retrouvent sur la route après le passage de tous les concurrents. Les Skoda passées, les autres concurrents passèrent puis il y eut un écart assez important, on se posa alors des questions avant qu'un bruit étrange nous interpelle : Hein (Subaru Impreza WRC privé) faisait balader son pare-chocs arrière sur le macadam et cet écart était dû à un petit accident qu'il avait eu dans la première partie de la portion chronométrée.

En 2003, le spectacle vint surtout des juniors. A commencer par le mano a mano que se livraient bon nombre d'entre eux : en effet, ils ne partaient écartés que d'une minute donc si l'un d'eux faisait une faute, il avait à peine le temps de repartir que le suivant était déjà dans le rétroviseur. C'est donc souvent collés les uns aux autres qu'ils arrivaient le second faisant pression sur le premier pour ne pas être ralenti. Côté pilotage, la grosse sensation vint de Simon Jean-Joseph qui, comme son habitude, sortait l'attaque intégrale, une tactique "ça passe ou ça casse" qui lui a valu le respect et l'admiration du monde du rallye et qui fait de lui à ce jour l'un des pilotes les plus appréciés du plateau autant mondial que français ! En effet, dans la chicane entrecoupée d'environ 5 mètres de ligne droite où j'étais placé, il est arrivé à fond sur le premier virage (virage sur la gauche), a mis sa Clio en glissade, s'est retrouvé en travers sur la ligne droite et tout de suite a donné un coup de volant brutal pour contre-braquer afin d'arriver en dérapage dans la seconde partie de la chicane (virage sur la droite) ! SENSATIONNEL ! A regarder, un vrai plaisir. Pour bien vous représenter la scène, dites-vous que sur cette portion, il a parfaitement dessiné un "S". A noter également que beaucoup de pilotes arrivaient le pare-chocs avant couvert de neige : certains d'entre-eux auraient-ils du mal à garder la bonne trajectoire ? La route était-elle trop glissante ?

2004 était une édition très enneigée du côté du Turini, résultat de grosses neiges les mercredi et jeudi précédant la course suivis de deux jours durant lesquels une épaisse brume recouvrait entièrement la spéciale du Turini (ainsi que tous les sommets du département d'ailleurs) pour finalement nous donner une spéciale enneigée comme ça n'avait pas été le cas depuis plusieurs années. De quoi nous donner encore une fois une superbe course, pleine de rebondissements. Ainsi, arrivent au départ de l'ES12, premier passage sur la spéciale Sospel - La Bollène de ce Monte Carlo 2004, 21 voitures (sur les 43 partantes vendredi matin) prêtes à s'élancer sur les 32,58 km en ce lever du jour (départ à 8h45). Des pare-chocs abîmés et de la neige sur le capot de certains concurrents lors de ce chrono comme d'habitude. Personnellement, je retiendrai un gros passage de Valimaki et de sa Hyundai Accent dans l'ultime lacets de la spéciale, tout en travers... et bien sûr on ne peut oublier cette année encore les quelques juniors victimes des départs écartées de seulement 1min : Cols (Renault Clio) et Anderson (Suzuki Ignis) arrivent l'un derrière l'autre, toujours impressionnant.

Comme je le dis plus haut, 2005 était une année sèche, et du coup les pilotes attaquaient plus, au grand plaisir de tous les spectateurs, dont moi, chose rare le dernier jour car en général ils préfèrent "assurer". Le premier à faire grosse impression est Roman Kresta et sa Focus. Nous sommes dans la partie au-dessus du vide et la route est étroite et sinueuse, le pilote Ford arrive à fond, et dans le pif paf où nous sommes il fait le show comme personne, part en travers, les pneus grincent, la gomme marque l'asphalte, et la voiture passe à quelques centimètres à peine de la roche. A l'extèrieur de ce virage, tout le monde recule d'un mètre, nez à nez avec le pilote tchèque. Mais la tactique paye et Kresta fait le scratch de la spéciale, devant Loeb. Après cela, dur de faire grosse impression, mais certains pilotes arrivent à faire le spectacle, c'est le cas de Stohl et sa superbe Xsara aux couleurs d'OMV très très rapide ou encore de Marco (Renault Clio) tout en glisse. Un peu plus haut, dans la série de quatre lacets, pour l'ES15, c'est tout aussi sec, et pour cet ultime chrono du rallye, il y en a encore qui trouvent le courage d'attaquer très fort, Loeb le premier. Leader du rallye, il passe les épingles au frein à main, c'est géré à la perfection et ça va très vite, du grand art. Peu avant, Sarrazin profite du SupeRally - lui qui a eu des problèmes le samedi - pour s'amuser et négocie lui aussi tous les lacets en travers. Plus tard, Boland adoptera cette technique à son tour, pour lui c'est moins fructueux mais le spectacle est là, et on ne s'en plaint pas. Du côté Moulinet, sous les bois d'épicéas, à 1600m d'altitude et à l'ombre, la route est très verglacée et les pilotes sont mal équipés pour ces conditions. Ils ont beaucoup de mal à négocier les virages et sont presque à l'arrêt dans chaque virage. Le seul spectacle, c'est des spectateurs qui en sont la conséquence en ayant placé sur la route de la neige après le passage des ouvreurs, Gronhölm et Solberg, respectivement 2e et 3e du rallye, y laissent leur roue... un spectacle dont nous nous serions bien passé (voir plus haut pour plus de détails) !

De 2006, je retiendrai surtout la superbe figure de Errani qui fit un "8" et qui mit une chaude ambiance au sommet du col lors de l'ES12, de nuit ! Les spectateurs étaient en furie, les flash retentissaient et ça criait de partout, on se serait cru dix ans en arrière lors de la fameuse Nuit du Turini... fabuleux ! Outre cela, des pare-chocs enneigés, quelques portières abîmées et des roues tordues... la routine !