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Nuit du Turini

Si le Turini est devenu ce qu'il est aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à la fameuse "Nuit du Turini". Chaque grand rallye a eu sa spéciale nocturne. Au Portugal par exemple ce fut Arganil. Le Monte Carl' en a plusieurs. En fait, la "Nuit du Turini" était une étape à part entière, épreuve qui cloturait le rallye. Elle s'est couru dans la nuit du mercredi au jeudi, puis du jeudi au vendredi, et empruntait entre autres le célèbre Turini, La Couillole, ou parfois montait jusqu'à Digne. Véritable examen de pilotage - de courage même -, c'est pour les pilotes un moment de terreur. La concentration doit y être au summum et les notes pointues au possible. Pour le public, c'est indescriptible, l'émotion est à son comble, des moments inoubliables. La "Nuit du Turini" en temps qu'ultime étape à proprement dit disparut en 1997 mais la spéciale du Turini fut encore courue de nuit jusqu'en 2002, comme dernière spéciale de la 2e étape.

Les rampes de phares disposées sur les bolides pour l'occasion et éclairant toute la vallée à chaque virage, vous êtes profondément éblouis - aux deux sens du terme - et seuls les coups de flash permettent d'identifier les voitures.

Elles font rugir leur moteur au milieu du noir le plus profond. Munies de 4 à 6 phares surpuissants, ajoutés aux 2 habituels, elles s'élancent sur la route où même les virages les plus inoffensifs de jour deviennent un cauchemar. C'est dans ces conditions que le talent des pilotes se révèle vraiment. L'anticipation et les notes du copilote deviennent alors les seuls éléments qui comptent.

Les spectateurs, venus en masse pour vivre ce moment magique, tentent quant à eux de se réchauffer avec les moyens du bord car fin janvier, la nuit est glacée et le thermomètre affiche des valeurs largement négatives. Quand on arrive sur la spéciale et que la nuit commence à tomber, c'est donc parsemée de lueurs rouges (feux de bois) que l'on découvre la montagne et plus l'échéance s'approche, plus la tension se fait ressentir. Le temps d'une nuit, les glissières de sécurité longeant la route résonnent dans toute la vallée sous les coups des bâtons et c'est avec une impatience sans pareil que les fans se blottissent pour voir passer les plus grands ténors du championnat. Mais le froid est vite oublié tant le spectacle est beau, unique et extraordinaire.

Le silence est total quand tout d'un coup retentissent les pétarades des voitures. La route zigzague le long de la montagne et à chaque virage les puissants faisceaux lumineux surgissent comme de nulle part, éclairant à la perfection le versant d'en face.

Lorsque les pilotes passent, c'est stupéfiant, pas une faute, toujours autant de maîtrise pour placer leur voiture au millimètre près, comme si la nuit ne les affectait pas et que la route ne présentait pas plus de difficultés que de jour, tout simplement hallucinant, aucun superlatif ne peut qualifier cela !

Pour vous plonger dans cet univers magique :

> Vidéo : La "Nuit du Turini" (4'57 - 49Mb)

> Carte de la dernière étape du MC1986, clos par la Nuit du Turini

> Historique de la Nuit du Turini (Autohebdo)